Mendès-France et l’Europe

En 1957, lors de la ratification par l’Assemblée Nationale française du Traité de Rome, peu d’hommes politiques ont exprimé de doutes sur les risques que pouvait faire courir à la démocratie les modalités fédéralistes et libres échangistes du dit traité.
La guerre froide, à l’époque, imposait aux forces dominantes en Europe occidentale de lutter contre le collectivisme et il fallait réaffirmer, au-delà des nations, les principes de liberté économique contre le totalitarisme.
Peu de forces politiques indépendantes avaient le courage de dire que ce traité et ceux qui suivraient pouvaient mettre en cause l’application du programme du Conseil national de la résistance, intervention de l’Etat dans l’économie, solidarité nationale, planification démocratique.
Pierre Mendès-France faisait partie de ces hommes politiques libres, non inféodé aux forces dominantes à qui tout le monde reconnaît un grand courage politique et un attachement profond à l’idée européenne.

Sa vision était celle d’une Europe de